Avoir un « chez soi », un problème ancien

Le problème du chez soi n’est pas nouveau en France. La plupart des questions posées ici auraient pu l’être à la fin du XIXe siècle. Les logements populaires d’alors étaient en effet insuffisants et indignes.

Voici en 1910 une couturière du XIIIe arrondissement qui gagne 2 F par jour et ne vivrait pas sans l’assistance de la mairie : pour 160 F par an, elle dispose d’une pièce d’environ 3,50 m2 et d’« une petite cuisine de 2 m 30 sur 1 m 30 avec les portes branlantes et les fenêtres disloquées », dans un immeuble avec W.-C. sur le palier et eau dans la cour, alors que souvent les W.-C. sont dans la cour et l’eau dans la rue, à la fontaine.

Les villes de province n’étaient pas mieux loties. À la fin du XIXe siècle, les eaux ménagères courent toujours dans les rues de Rouen ou de Bordeaux. À Toulon, le tonneau roulant qui recueille les excréments à heure dite est un progrès. Le surpeuplement, défini par plus de deux personnes par pièce, y compris la cuisine, règne.

Avoir un « chez soi », un problème ancien, A. Prost, Revue projet, 20 juin 2018

Autre publication :
Conditions de logement : amélioration de la situation des ménages à bas revenus mais des inégalités toujours marquées, Drees, juin 2018, n°1069

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