Géopolitique de l’obésité

Au Chili, les trois cinquièmes des adultes sont en surpoids ou souffrent d’obésité.
Le gouvernement a pris le taureau par les cornes, en déclarant la guerre à la mal-bouffe. Le gouvernement de Michele Bachelet a réussi à faire adopter une loi il y a deux ans, loi qui suscite l’admiration un peu partout dans le monde. Le texte vise en particulier les fabricants agrolimentaires : elle impose des restrictions en terme de marketing et de publicité, l’obligation de modifier les étiquettes de très nombreux produits. C’est ainsi que le géant Kellog’s a dû retirer ces personnages de dessins animés de ses boîtes de céréales sucrées, les Kinder Suprises ont été retirés de la vente. Quant à toutes ces tentations que représentent les glaces, les chocolats, ou les chips, elles ne peuvent plus être commercialisées dans les écoles. Les annonceurs publicitaires n’ont plus le droit de diffuser de spots dans des programmes télévisés destinés aux enfants. Cette loi, adoptée il y a deux ans, est encore trop récente pour afficher des résultats.

La Chine aussi n’échappe pas au fléau…Bien entendu, et par un effet de taille, la Chine se retrouve sur le podium mondial de l’obésité : le journal de Hongkong, le South China Morning Post qui cite une étude américaine, rappelle que la Chine abrite le plus grand nombre d’enfants obèses au monde –plus de 15 millions. Interrogé par le journal, le professeur Ma Guangsheng de l’Université de Pékin explique cette évolution inquiétante par les changements de comportements, en particulier, chez les jeunes. Selon lui, de moins en moins d’enfants se rendent à l’école à vélo ou à pied, et la pression du système scolaire est telle que les élèves passent de moins en moins de temps à pratiquer des activités extérieures.

Géopolitique de l’obésité, France Culture, 10/03/2018

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