Ces enfants pauvres...

, par Kathy Ajakane

Actuellement trois millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France, soit un enfant sur cinq.

Faute de places disponibles et d’adaptation des structures d’hébergement principalement conçues pour l’accueil des personnes seules, les orientations des familles se font essentiellement à l’hôtel. Cette solution de mise à l’abri, censée être temporaire, devient peu à peu le lieu dans lequel l’enfant va grandir.

La précarisation extrême des familles a bien évidemment des conséquences
sur le développement de l’enfant, sa sécurité, son bien-être et les conditions de vie à l’hôtel ne répondent en rien à ses besoins fondamentaux : alimentation équilibrée, soins, hygiène, intimité, proximité de l’école et du centre de loisirs, possibilité, de faire ses devoirs dans le calme, inviter ses amis…

Pauvreté des enfants


En France, aucun enfant ne dort à la rue : faux
63 % des moins de 18 ans concernés par une demande d’hébergement au numéro d’appel d’urgence 115, n’ont pas été hébergés.

Les mineurs non accompagnés qui arrivent en France sont toujours pris en charge : faux
Chaque jeune en demande de prise en charge, se disant mineur et isolé de toute famille devrait automatiquement faire l’objet d’une mise à l’abri par les services compétents des départements. Dans les faits, la prise en charge n’est pas automatique et est notamment soumise à l’évaluation de la minorité par les associations, les conseils départementaux et l’autorité judiciaire.

En France, l’enfant pauvre vit dans une famille pauvre

Trois millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France, soit un enfant sur cinq.

Faute de places disponibles et d’adaptation des structures d’hébergement principalement conçues pour l’accueil des personnes seules, les orientations des familles se font essentiellement à l’hôtel. Cette solution de mise à l’abri, censée être temporaire, devient peu à peu le lieu dans lequel l’enfant va grandir.

La précarisation extrême des familles a bien évidemment des conséquences sur le développement de l’enfant, sa sécurité, son bien-être et les conditions de vie à l’hôtel ne répondent en rien à ses besoins fondamentaux : alimentation équilibrée, soins, hygiène, intimité, proximité de l’école et du centre de loisirs, possibilité de faire ses devoirs dans le calme, inviter ses amis…


Avec 8,8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, 4 millions de mal-logés et 2,5 millions de chômeurs de longue durée, une partie du pays est exclue de la reprise de la croissance. Entre 2008 à 2012, plus de 800 000 personnes supplémentaires ont été comptabilisées parmi celles vivant avec moins de 1 000 euros par mois.
Les familles monoparentales sont les plus touchées par la pauvreté, et près de 40 % d’entre elles étaient concernées en 2011.

Le nombre de familles qui appellent le 115 pour être hébergées est également en augmentation constante, notamment en Ile-de-France où, en 2014, l’observatoire du Samu Social de Paris montrait que 10 280 familles (soit 35 000 personnes) vivaient dans des formes d’hébergement précaires (hôtels, hébergement d’urgence), en situation de surpeuplement et privées de confort.

Pour en finir avec la précarité des enfants, des adolescents et des familles

Malgré les rapports qui dénoncent l’évolution de la pauvreté des enfants et ses conséquences sur leur santé et leur bien-être, ces situations progressent.

Elles vont jusqu’à contraindre nombre de familles à vivre à la rue, face à des
politiques publiques qui ne parviennent pas à enrayer cette situation
et une
opinion publique qui réagit peu.
En accompagnant ces familles, souvent dans des situations d’urgence, les associations de solidarité jouent de fait un rôle dans l’éducation et le développement de l’enfant.
Celui-ci est d’autant plus important que la précarité sociale a un impact sur
le développement de l’enfant et qu’elle aura des conséquences sur sa construction en tant que futur adulte.
L’enfant a besoin de confiance, de sécurité, de stabilité, de régularité et de repères pour se construire psychologiquement. Ces conditions sont très difficiles à réunir pour les familles défavorisées en situation de précarité et d’extrême pauvreté.

Pauvreté des enfants : lutter aujourd’hui... Pour eux demain, Fédérations des acteurs de la solidarité, N°8, automne/hiver 2018

Lancement d’une stratégie nationale de protection de l’enfance et de l’adolescence 2018-2022

La stratégie nationale de protection de l’enfance et de l’adolescence sera présentée en mai 2018 au Premier ministre et au Président de la République.
Elle s’inscrira pleinement dans le cadre de la loi du 14 mars 2016 et dans le suivi des recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU.
Cette stratégie devra en outre être articulée avec la stratégie interministérielle de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes également portée par la ministre des solidarités et de la santé.

Communiqué de presse, Ministère des Solidarités et de la Santé, 15.01.18

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